Les chroniques
La 79e édition du festival de Cannes est lancée ! La rédaction vous dévoile ses étoiles sur les films de la Compétition, mises à jour tout au long du festival.
Peinture colorée de la sororité, Vanilla suit sept femmes d’une même famille vivant ensemble dans le Mexique des années 1980. Un récit doux-amer qui questionne l’absence des pères et révèle une jeune actrice ultra-solaire, Aurora Davilla.
Malgré un pitch qui ne payait pas de mine – une famille tcherkesse tenant un restaurant dans le New Jersey – Butterfly Jam surprend en disséquant les mécanismes de la violence au sein d’un groupe masculin. Une belle ouverture pour la Quinzaine des cinéastes dans laquelle brille le magnétique Barry Keoghan.
Ce film brut, présenté en compétition, raconte la déliquescence d’un couple lorsque le mari est interpellé pour détention d’images pédopornographiques. La mise en scène puissante de Marie Kreutzer et l’abattage impressionnant de Léa Seydoux permettent de pardonner un scénario imparfait.
Présenté en compétition, le second long-métrage de la réalisatrice française est porté par une Léa Drucker impériale mais accuse des faiblesses scénaristiques et de mise en scène.
Présenté en séance de Minuit pour la séquence gore habituelle de chaque édition du Festival de Cannes, le premier long-métrage de Marion Le Coroller cite à outrance ses références dans un mélange de confusion et de timidité.
Présenté en compétition au Festival de Cannes, le nouveau film du réalisateur espagnol confirme sa maîtrise de l’étude des relations intrafamiliales. Dans L’Être aimé, il suit une actrice (Victoria Luengo) qui tente de renouer avec son père (Javier Bardem), un grand réalisateur. Bien loin de porter le cinéma aux nues, il montre avec habileté que l’art n’est ni un lieu de réconciliation ni un motif de pardon.
Depuis 2021, la CST (Commission supérieure technique de l’image et du son) met à l’honneur les techniciennes lors du Festival de Cannes grâce à son Prix de la jeune technicienne. Cette année, deux cheffes décoratrices sont en lice : Esther Mysius pour Histoires de la nuit et Livia Lattanzio pour Les Matins merveilleux. Sorociné, qui est partenaire du prix, est allé à leur rencontre.
Le premier long-métrage de la réalisatrice belge est une ode magnifique aux secrets de famille et aux femmes qui les portent, sublimée par l’actrice Vimala Pons.
Vingt ans après son succès planétaire, Le diable s’habille en Prada revient pour un second tour de piste. Ambitieux et surprenant dans son écriture, ce sequel ne se départit pas d'une morale embrassant la réussite féminine corporate douteuse et conservatrice.
Du 14 avril au 5 mai, la Cinémathèque du documentaire et la BPI consacrent une rétrospective au cinéma de Marta Rodriguez, réalisatrice colombienne, pionnière d’un cinéma documentaire qui a porté la voix des luttes sociales amérindiennes. Rencontre avec Gabriela Torres, grande collaboratrice de la cinéaste.
Les interviews
Adapter Annie Ernaux est un défi de taille que Judith Godrèche relève avec brio avec Mémoire de fille, son premier long-métrage. On y suit Annie (Tess Barthélemy) qui découvre la sexualité à travers la violence masculine lors d’une colonie de vacances dans laquelle elle est monitrice, en été 1958. Un récit fin pour une mise en scène qui l’est tout autant et qui explore ce qu’encore trop de personnes qualifie de « zone grise » du consentement.
Dans Mémoire de fille de Judith Godrèche, il incarne H, le moniteur en chef d’une colonie de vacances qui agresse sexuellement et manipule Annie, la nouvelle monitrice. Un rôle difficile pour une histoire nécessaire sur les violences masculines et sur la difficulté à représenter le non-consentement, dont Victor Bonnel nous dévoile les coulisses.
Dans Élise sous emprise, la metteuse en scène et primoréalisatrice Marie Rémond raconte l’histoire d’une femme engluée dans une relation toxique. En s’inspirant de son vécu, elle livre un film fin sur l’emprise, qui détaille avec minutie l’impact psychologique et physique que celle-ci peut avoir sur la victime.
On l’avait découverte en 2015 avec À peine j’ouvre les yeux, et adorée en 2021 avec Une histoire d’amour et de désir. Dans son troisième long-métrage, À voix basse, Leyla Bouzid raconte l’histoire de Lilia, une femme lesbienne qui revient dans sa Tunisie natale pour les funérailles de son oncle, mort dans des circonstances mystérieuses.
Du 14 avril au 5 mai, la Cinémathèque du documentaire et la BPI consacrent une rétrospective au cinéma de Marta Rodriguez, réalisatrice colombienne, pionnière d’un cinéma documentaire qui a porté la voix des luttes sociales amérindiennes. Rencontre avec Gabriela Torres, grande collaboratrice de la cinéaste.
Dans La Poupée, Sophie Beaulieu suit Rémi (Vincent Macaigne) dont la vie se résume à faire des parties de baby-foot avec ses collègues le jour et à discuter avec sa poupée gonflable le soir. Jusqu’au jour où la poupée (Zoé Marchal) se réveille… Entre réflexion sur les injonctions liées au genre et ode à l’émancipation féminine, La Poupée allie adroitement sujets de fond et comédie absurde.
Avec son premier long-métrage, Truly Naked, Muriel d’Ansembourg bouscule les conventions du coming-of-age. Elle suit Alec, un adolescent qui, tous les soirs après les cours, aide son père, acteur porno, à réaliser ses films. Montrant, d’une manière peu conventionnelle, l’impact de la consommation de X chez les jeunes, la réalisatrice belge livre un film percutant, dérangeant mais aussi très touchant.
Dans La Femme de, Mélanie Thierry incarne Marianne, épouse d’un industriel issu d’une grande famille de la bourgeoisie de campagne. En mettant l’accent sur les obligations sociales – et surtout maritales – dans ce milieu régi par les conventions, le réalisateur David Roux signe un film subtil qui explore l’impact de l’emprise patriarcale sur la vie d’une femme.
Premier long-métrage de fiction de Camille Ponsin, Sauvage est avant tout une histoire d’amour filial. On y suit Sam (Céline Sallette) qui fait tout pour maintenir un lien avec sa fille, Anja (Lou Lampros), alors que cette dernière a quitté sa communauté rurale pour vivre dans la forêt. Auscultant la peur suscitée par la marginalité, Sauvage est un film qui parvient à être puissant sans perdre son regard contemplatif.
Incroyable récit de survie, L'Île de la Demoiselle raconte l’histoire vraie de Marguerite de La Roque (Salomé Dewaels), une jeune Française abandonnée par son oncle sur « l'Île des Démons », au Canada, en 1542. Tout en sortant de l’ombre une figure féminine oubliée par l’histoire, le film de Micha Wald s’attache à dépeindre l’oppression et la violence patriarcale. Rencontre avec les acteurs principaux.
Son troisième film, Las Corrientes, est en salles depuis le 18 mars. Un récit psychologique nimbé de mystère, où Lina, une jeune styliste tout juste récompensée en Suisse, se jette dans un fleuve sans raison apparente avant de rentrer chez elle à Buenos Aires, reprenant sa vie comme si de rien n’était. Milagros Mumenthaler, réalisatrice argentine et suisse, nous parle de la préparation de ce film hypnotique, où le mystère fait loi et où les personnages s’imposent à leur créatrice.
Dans son documentaire Précieuse(s), Fanny Guiard-Norel suit des lycéens qui, menés par leur professeure de théâtre Cécile, décident de réadapter Les Précieuses ridicules de Molière sous un angle féministe. Qu’est-ce qu’une précieuse ? Pourquoi et comment sont-elles moquées ? Tous vont évoluer avec ces réflexions. Rencontre avec la réalisatrice.
Pour son rôle de vagabonde bougonne dans Sans toit ni loi, d’Agnès Varda, elle avait décroché le César de la meilleure actrice en 1985, à seulement 18 ans. À l’occasion de la ressortie du film en salles, Sandrine Bonnaire revient sur cette expérience hors normes qui l’a détachée des personnages conventionnels tout en la consacrant en tant que comédienne.
Dans la lignée de son ouvrage Désirer la violence (2024), la journaliste et essayiste Chloé Thibaud publie Pourquoi les hommes ont peur des femmes, un essai qui analyse comment les productions cinématographiques diabolisent les femmes. Entretien fleuve.
Les tops films
Pour célébrer ce 8 mars 2026 la journée internationale des droits des femmes, Manon Franken, Mariana Agier, Esther Brejon et Enora Abry vous présentent une sélection de films féministes à voir ou revoir en préparation de cette journée de luttes.
La 48e édition du rendez-vous annuel du court-métrage s’est terminée, l’occasion pour la rédaction de vous présenter ses coups de cœur de réalisatrices.
Le voilà ! Pour terminer 2025 en beauté, la rédaction a préparé son traditionnel top films de l’année. Alors, même s’il a été difficile de faire un choix parmi nos coups de cœur de cette année, on vous présente le top 10 de nos films de réalisatrices préférés de cette année, estampillé Sorociné.
Tous les mois, la rédaction de Sorociné vous partage ses coups de cœur thématiques. En novembre, on célèbre la sortie de Vie Privée, le nouveau film de Rebecca Zlotowski, dans lequel Jodie Foster incarne Lilian Steiner, une psychiatre reconnue qui enquête sur la mort d’une de ses patientes. Pour l’occasion, Louise Bertin, Alicia Arpaïa, Diane Lestage et Enora Abry sont revenues sur quelques-unes de leurs psys préférées du petit et grand écran.
En octobre, pour faire écho à la sortie du film La Petite Dernière d’Hafsia Herzi, Enora Abry, Noémie Attia, Lisa Durand, Mariana Agier, Louise Bertin, Diane Lestage, Léa Larosa et Victoria Faby vous dévoilent une version mise à jour de leur sélection de films lesbiens.
Tous les mois, la rédaction de Sorociné vous partage ses coups de cœur thématiques. En septembre, Diane Lestage, Louise Bertin, Sarah Dulac Mazinani et Victoria Faby vous dévoilent leur sélection de cinéma palestinien.
Tous les mois, la rédaction de Sorociné vous partage ses coups de cœur thématiques. En mai, en honneur à la journée de lutte pour les droits des travailleureurs.es, Louise Bertin, Margaux Baralon, Enora Abry, Léon Cattan, Lisa Durand, Alicia Arpaïa et Manon Franken vous dévoilent leurs sélection de travailleuses au cinéma.
Tous les mois, la rédaction de Sorociné vous partage ses coups de cœur thématiques. En avril, Mariana Agier, Léon Cattan, Enora Abry, Victoria Faby et Manon Franken rendent hommage à des films bouleversants de justesse dans leur représentation des personnages féminins (ou pas).
Tous les mois, la rédaction de Sorociné vous partage ses coups de cœur thématiques. En mars, en écho à la journée internationale des droits des femmes, Louise Bertin, Mariana Agier, Diane Lestage, Margaux Baralon, Lisa Durand, Enora Abry, Victoria Faby et Öykü Sofuoglu vous partagent leur sélection de films et de séries qui représentent finement la thématique de l’avortement.
En février, pour faire honneur au festival de cinéma de science-fiction Les Mycéliades, Louise Bertin, Alicia Arpaïa, Manon Franken, Margaux Baralon, Lisa Durand, Mariana Agier et Diane Lestage vous partagent leur sélection de dystopies de science-fiction mettant les personnages féminin à l’honneur.
En janvier 2025, Lisa Durand, Öykü Sofuoglu, Enora Abry et Diane Lestage vous dévoilent leur sélection de films sur le BDSM, en écho avec la sortie de Babygirl de Halina Reijn.
Pour terminer 2024 en beauté, la rédaction a préparé son traditionnel top films de l’année. Alors, même s’il a été difficile de faire un choix parmi nos coups de cœur de cette année, on vous présente le top 5 de nos films de réalisatrices préférés de cette année, estampillé Sorociné.
En décembre, Lisa Durand, Mariana Agier, Enora Abry et Louise Bertin vous dévoilent leur sélection féministe pour Noël.
Tous les mois, la rédaction de Sorociné vous partage ses coups de cœur thématiques. En octobre, pour préparer Halloween, Mariana Agier, Manon Franken, Enora Abry, Victoria Faby, Léon Cattan et Louise Bertin dévoilent leurs top spécial films de fantômes.
Les chroniques du matrimoine
Chaque mois, Sorociné remonte le temps pour mettre en lumière le travail d’une réalisatrice et réécrire une histoire du cinéma au féminin.
Du 14 avril au 5 mai, la Cinémathèque du documentaire et la BPI consacrent une rétrospective au cinéma de Marta Rodriguez, réalisatrice colombienne, pionnière d’un cinéma documentaire qui a porté la voix des luttes sociales amérindiennes. Rencontre avec Gabriela Torres, grande collaboratrice de la cinéaste.
Du 7 janvier au 15 mars 2026, la Cinémathèque du documentaire Bpi consacre une rétrospective au cinéma des pays baltes entre les années 1960 et 2000, avec un focus sur les réalisatrices baltes les 17 et 18 janvier. Retour sur quelques noms à découvrir pendant cette programmation.
Brigitte Bardot est morte le 28 décembre à l’âge de 91 ans. Devenue célèbre grâce à Et Dieu… créa la femme et Le Mépris, l’actrice a dynamité les conventions de la société traditionnelle dans les années 1950-1960. Avant de se tourner avec conviction vers l’extrême droite et ses idées racistes, homophobes et antiféministes.
Attention, rareté. Entre Věra Chytilová et Federico Fellini, le film La Piscine (1977), de la réalisatrice bulgare Binka Jeliazkova, étonne par son originalité et montre une nouvelle facette de la Nouvelle Vvague européenne, par-delà les frontières habituelles.
Jusqu’au 23 novembre 2025, la Cinémathèque du Documentaire consacre une rétrospective à la cinéaste hongroise pionnière, décédée ce 1er octobre. Une réalisatrice à l’œuvre libre et courageuse, qui s’étire des années 1960 à 1980 pour réaliser un portrait intimiste de la Hongrie soviétique. Retour sur cinq films phares pour découvrir l’univers de la cinéaste.
Alors qu’Ingeborg Bachmann, le nouveau film de la cinéaste allemande Margarethe von Trotta consacré à la poétesse autrichienne avec Vicky Krieps en tête d’affiche, est sorti en salles ce 7 mai, L’Amie (1983) ressort en même temps dans une version restaurée 4K. Redécouverte d’une amitié particulière entre deux femmes incarnées par les actrices allemandes Hanna Schygulla et Angela Winkler.
Les films d’Alice Guy, première réalisatrice de l’histoire du cinéma, restent largement méconnus en France et à l’étranger, malgré le statut d’incontournable de la cinéaste. Dans cette série d’articles, Clara Auclair et Aurore Spiers se plongent dans ce matrimoine aussi dense que novateur.
Les films d’Alice Guy, première réalisatrice de l’histoire du cinéma, restent largement méconnus en France et à l’étranger, malgré le statut d’incontournable de la cinéaste. Dans cette série d’articles, Clara Auclair et Aurore Spiers se plongent dans ce matrimoine aussi dense que novateur.
Pour cette nouvelle chronique, focus sur les prémices du cinéma indépendant américain contemporain avec Susan Seidelman, doublement mise à l’honneur cet hiver avec la ressortie DVD de son film culte Recherche Susan désespérément et un hommage à la Cinémathèque française. Retour sur une œuvre pop, libre et féministe.
Chaque mois, Sorociné remonte le temps pour mettre en lumière le travail d’une réalisatrice et réécrire une histoire du cinéma au féminin. Ce mois-ci, nous vous présentons Matilde Landeta, un des premières femmes cinéastes d’Amérique latine, auquel le Festival Lumière vient de rendre hommage avec une rétrospective dans sa section « Histoire permanente des femmes cinéastes ». Portrait d’une artiste révoltée qui s’est battue tout au long de sa vie pour s’exprimer.
Chaque mois, Sorociné remonte le temps pour mettre en lumière le travail d’une réalisatrice et réécrire une histoire du cinéma au féminin. Pour cette première chronique, il était évident de revenir au symbole de cette redécouverte matrimoniale : Alice Guy ! Après les documentaires, les livres et les pièces de théâtre, ses films seront visibles au cinéma dans un programme rétrospectif de 14 courts-métrages tournés avant 1907 : Alice Guy, première femme réalisatrice ! Pour en parler, nous avons rencontré Coraline Refort, universitaire spécialiste du travail d’Alice Guy, qui vient de lui consacrer une thèse somme.
Le podcast
Après 6 jours de festival, on fait le point sur Cannes à mi-parcours en vous partageant nos coups de coeur, coups de gueules et découvertes en direct !
Pour ce premier épisode spécial dédié au 79e festival de Cannes, on vous embarque avec nous sur la Croisette en vous partageant nos coups de coeur, coups de gueules et découvertes en direct !
Ce mercredi 29 avril sortait Le Diable s'habille en Prada 2, une suite qu'on attendait (et craignait) avec impatience... L'occasion de nous pencher sur ce qui a fait du premier film un objet culte sur la mode, mais aussi sur la représentation des femmes au travail dans les années 2000. Alors, qu'est-ce qui fait que Le diable s'habille en Prada est devenu aussi culte, et la suite est-elle à la hauteur ?
Focus sur le nouveau film de la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid, "A voix basse", en salles ce mercredi 22 avril. On y suit l'histoire de Leïla, de retour en Tunisie pour les funérailles de son oncle, qui est déterminée à éclaircir le mystère de sa mort et se confronte aux secrets de la maison où cohabitent trois générations de sa famille.
Les vidéos
N°2 ÉTATS-UNIS, 2010 - 2020
180 pages consacrées aux États-Unis de la décennie 2010-2020 avec :
Un panorama des États-Unis à travers ses réalisatrices : Kelly Reichardt, Marielle Heller, Sofia Coppola, Greta Gerwig, Chloe Zhao …
Des entretiens avec Natasha Braier (cheffe opératrice de The Neon Demon), Ve Neill (maquilleuse)
Un dossier sur les Oscars - #MeToo, entre marketing et prise de conscience
Nos coups de coeur : BabySitter de Monia Chokri avec une interview de la réalisatrice, J-Horror, trois visages de la peur, Alice Guy de Catel et Bocquet …