CHRONIQUE DU MATRIMOINE #8 - 3 réalisatrices à découvrir à la rétrospective “Poétiques baltes” de la Bpi
Du 7 janvier au 15 mars 2026, la Cinémathèque du documentaire de la Bpi consacre une rétrospective au cinéma des pays baltes entre les années 1960 et 2000, avec un focus sur les réalisatrices baltes les 17 et 18 janvier. Retour sur quelques noms à découvrir pendant cette programmation.
Leida Laius - Estonie
Un humain est né…, Leida Laius, 1975 © Eesti Filmi Instituut
D’abord infirmière de guerre, puis employée de ministère, Leida Laius est surtout une figure majeure du cinéma en Estonie, et l’une des premières femmes à prendre la caméra à partir des années 1960. Au fil d’une carrière d’une trentaine d’années, elle parvient à se démarquer dans le cinéma de fiction, particulièrement masculin, où elle développe dans ses longs-métrages des personnages féminins forts. À travers trois de ses courts-métrages documentaires programmés, Enfance (Lapsepõlv), Un humain est né… (Sündis inimene…) et Esprits bienveillants de la ville natale (Kodulinna head vaimud), Leida Laius explore plusieurs des thématiques qui parcourent sa filmographie : la notion de maternité, le rôle social des mères, et les relations familiales.
Valeria Anderson - Estonie
…Et la soupe est prête à temps, Valeria Anderson, 1983 © Valeria Anderson / Filmistuudio Tallinnfilm
Sortie de la même formation de cinéma que Leida Laius, Valeria Anderson a mené sa carrière de cinéaste dans le registre du documentaire, avec une trentaine de films réalisés entre les années 1960 et les années 1980. Elle y développe une véritable poétique du documentaire à travers un regard parfois incisif, parfois mélancolique, et réinvente le langage du cinéma documentaire en supprimant le recours à la voix off et en laissant parler ses images. Ses trois documentaires programmés, En route (Teel), Berceuse concrète (Kivine hällilaul) et … Et la soupe est prête à temps (… Ja supp on valmis õigel ajal), dévoilent une poétique des espaces urbains et du travail ouvrier, en même temps qu’un humour indéniable.
Bytautė Pajėdienė - Lituanie
Chaque nuit je rêve, Bytautė Pajėdienė,1979 © Bytautė Pajėdienė / LKS Lietuvos kino studija - Lithuanian Film Studio
Joueuse de basket-ball, journaliste sportive et réalisatrice de documentaires, Bytautė Pajėdienė s’est intéressée, à travers une filmographie d’une vingtaine d'œuvres documentaires entre les années 1960 et 2000, à la question du travail dans le régime soviétique. Les figures de femmes travailleuses, la solidarité entre ouvrières et les conditions de travail ont fait partie de ses thèmes de prédilection, notamment dans Chaque nuit je rêve (Kasnakt sapnuoju), qui se focalise sur la productivité et les objectifs difficiles à tenir au sein d’une industrie textile.
MARIANA AGIER