Chroniques
Cannes 2026 : les étoiles de la rédaction
La 79e édition du festival de Cannes est lancée ! La rédaction vous dévoile ses étoiles sur les films de la Compétition, mises à jour tout au long du festival.
VANILLA – Mayra Hermosillo
Peinture colorée de la sororité, Vanilla suit sept femmes d’une même famille vivant ensemble dans le Mexique des années 1980. Un récit doux-amer qui questionne l’absence des pères et révèle une jeune actrice ultra-solaire, Aurora Davilla.
Cannes 2026 : BUTTERFLY JAM – Kantemir Balagov
Malgré un pitch qui ne payait pas de mine – une famille tcherkesse tenant un restaurant dans le New Jersey – Butterfly Jam surprend en disséquant les mécanismes de la violence au sein d’un groupe masculin. Une belle ouverture pour la Quinzaine des cinéastes dans laquelle brille le magnétique Barry Keoghan.
Cannes 2026 : HER PRIVATE HELL – Nicolas Winding Refn
Présenté hors compétition et pourtant très attendu, le nouveau film du réalisateur de Drive et Neon Demon est un cas d’école du male gaze.
Cannes 2026 : L’ÊTRE AIMÉ – Rodrigo Sorogoyen
Présenté en compétition au Festival de Cannes, le nouveau film du réalisateur espagnol confirme sa maîtrise de l’étude des relations intrafamiliales. Dans L’Être aimé, il suit une actrice (Victoria Luengo) qui tente de renouer avec son père (Javier Bardem), un grand réalisateur. Bien loin de porter le cinéma aux nues, il montre avec habileté que l’art n’est ni un lieu de réconciliation ni un motif de pardon.
LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA 2 – David Frankel
Vingt ans après son succès planétaire, Le diable s’habille en Prada revient pour un second tour de piste. Ambitieux et surprenant dans son écriture, ce sequel ne se départit pas d'une morale embrassant la réussite féminine corporate douteuse et conservatrice.
MĀRAMA – Taratoa Stappard
Sous son aspect de conte horrifico-gothique inquiétant, Mārama manie adroitement des notions féministes et anticoloniales. Le film interroge les mécanismes de l’appropriation culturelle en se focalisant sur une part historique méconnue de l’histoire du peuple māori et sa colonisation sanguinaire par l’Empire britannique.
CARAVANE - Zuzana Kirchnerová
Le premier long-métrage de la réalisatrice tchèque raconte l’histoire d’une mère partie en vacances avec son fils porteur de la trisomie 21. Un film lumineux et sensible, quoiqu’un peu convenu.
LA FILLE DU KONBINI - Yûho Ishibashi
Librement adapté d’un roman de Sayaka Murata, La Fille du konbini panse doucement les blessures.
WEDDING NIGHTMARE : DEUXIÈME PARTIE – Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett
Suite du succès surprise de 2019, Wedding Nightmare revient pour une deuxième partie réussie. Le film poursuit son jeu de massacre en reprenant la formule gagnante du premier opus, soit une chasse grandeur nature à la final girl organisée par de riches satanistes, jusqu’à ce que l’aube les sépare. Dans l’air du temps, il dote sa comédie pulp et gore d’un propos dénonçant les violences systémiques faites aux femmes.
Séries Mania 2026 : nos 7 coups de cœur de cette édition
Du 20 au 27 mars, Sorociné était à Lille pour le plus grand festival d’Europe dédié aux séries. Entre réflexions sur les masculinités et propos pertinents sur la parentalité ou la résistance face au fascisme, en voici sept qui ont emballé la rédaction.
L'ÎLE DE LA DEMOISELLE – Micha Wald
Porté par un travail technique impressionnant et des acteurs au sommet, L’Île de la Demoiselle raconte l’incroyable histoire de Marguerite de la Roque qui parvint à survivre et à s’échapper d’une île sur laquelle elle avait été abandonnée par son oncle en 1542. Un intense récit de survie qui trouve toute sa force dans son analyse des violences patriarcales.
Festival international du film sur l’art 2026 : nos trois coups de cœur de réalisatrices
Commencé le 12 mars dans les salles montréalaises et jusqu’au 29 mars en ligne, le festival québécois programme depuis près de quarante ans des films mettant la création artistique à l’honneur. Retour sur nos trois coups de cœur de cette édition.
LAS CORRIENTES - Milagros Mumenthaler
La très rare réalisatrice suisso-argentine revient pour son troisième long-métrage avec l’histoire étrange d’une styliste hydrophobe. Un film sous forme de déambulation, à la mise en scène impressionnante.
CE QU’IL RESTE DE NOUS – Cherien Dabis
Cette ambitieuse fresque historique raconte trois générations d’une famille palestinienne entre colonisation, spoliation et arrachement. S’il est englué dans un classicisme formel qui le dessert, le film se fait plus émouvant lorsqu’il s’intéresse aux figures de patriarches.
LITTLE TROUBLE GIRLS - Urška Djukić
Pour son premier long-métrage, la réalisatrice slovène explore l’éveil du désir de deux adolescentes. Un film qui parvient à être sensuel tout en restant pudique, porté par des actrices magnétiques qui font ici leurs débuts au cinéma.
Cinq films féministes à (re)voir pour le 8 mars
Pour célébrer ce 8 mars 2026 la journée internationale des droits des femmes, Manon Franken, Mariana Agier, Esther Brejon et Enora Abry vous présentent une sélection de films féministes à voir ou revoir en préparation de cette journée de luttes.
CHRISTY – David Michôd
En retraçant le parcours mouvementé de la boxeuse lesbienne pionnière Christy Salters-Martin, devenue porte-parole de premier plan contre les violences conjugales et les violences faites aux femmes, David Michôd propose un faux biopic trop linéaire et surtout trop lisse.
THE BRIDE ! – Maggie Gyllenhaal
En revisitant le mythe de la créature de Frankenstein pour s’intéresser à sa fiancée, l’actrice et réalisatrice livre un film visuellement passionnant, très riche, jusqu’à l’excès. Un fourre-tout qui étouffe l’intériorité de ses personnages et son propos féministe.
DEUX FEMMES ET QUELQUES HOMMES – Chloé Robichaud
Après plusieurs drames, la réalisatrice québécoise Chloé Robichaud s’essaie à la comédie en adaptant Deux femmes en or (Claude Fournier), l’histoire de deux voisines qui décident de pimenter leur quotidien avec des hommes de passage. Un pari parfaitement réussi.