Chroniques
KARMA – Guillaume Canet
Prenant le décor d’une communauté sectaire mais préférant le spectaculaire et la violence à une véritable réflexion sur le sujet, Guillaume Canet crée le malaise malgré une Marion Cotillard investie.
L’ÎLE DES SOUVENIRS – Joel Crawford et Januel P. Mercado
Nouvelle proposition des studios Dreamworks, L’Île des souvenirs teste les liens amicaux qui unissent les meilleures copines Jo et Raissa lors d’une aventure magique à l’animation inventive, plombée par un trop-plein d’effets et une narration trop étirée.
WICKER – Eleanor Wilson et Alex Huston Fischer
Mêlant conte moral et sex comedy, Wicker brille par son duo d’acteur·ices et son approche mordante d’une micro-société patriarcale, mais il égare son histoire d’amour et son propos dans un récit d’émancipation tiède.
LA GRADIVA - Marine Atlan
Le premier film de Marine Atlan aborde l’adolescence avec considération en entremêlant audacieusement la sociologie et l’intime.
Festival de La Roche-sur-Yon 2026 : THE DIFFICULT BRIDE - Rubaiyat Hossain
Ce film bangladais, qui suit les éreintants préparatifs d’une jeune femme aisée avant son mariage, mêle efficacement critique sociale et éléments fantastico-horrifiques, tout en évitant les clichés.
Festival de La Roche-sur-Yon 2026 : UN PEU AVANT MINUIT - Nicolas Pariser
Le réalisateur d’Alice et le Maire propose un long-métrage en forme de déambulation dans les rues de Paris, sur fond de révolte grondante. Melvil Poupaud y incarne un quinquagénaire en pleine réflexion sur sa vie amoureuse passée et son rapport aux femmes. Le résultat, présenté au Festival international du film de La Roche-sur-Yon, est aussi bavard que piquant.
LOW EXPECTATIONS - EIVIND LANDSVIK
Présenté à la Quinzaine des cinéastes pendant l’édition 2026 du festival de Cannes, Low Expectations, premier long-métrage du réalisateur Eivind Landsvik, s’inscrit logiquement dans un cinéma norvégien ultra contemporain (mené par Joachim Trier en tête de wagon). Entre mélancolie et lumière, il saisit avec grâce la fin de la vingtaine portée par la chanteuse girl in red dans son premier rôle au cinéma.
LES MISÉRABLES - Fred Cavayé
Le roman de Victor Hugo, transposé à l’écran dans une fresque de près de trois heures, devient avec cette énième adaptation un blockbuster dépolitisé qui n’a même pas le bon goût d’investir son budget, très important pour un film français, dans une direction artistique correcte.
MINOTAURE - Andreï Zviaguintsev
Neuf ans après son dernier film, le réalisateur russe, exilé en France, propose un remake de La Femme infidèle, de Claude Chabrol. Et plaque sur le drame domestique, déplacé dans une petite ville russe, l’invasion de l’Ukraine.
OÙ VONT LES ÂMES - BRIGITTE POUPART
Pour son premier long-métrage de fiction, la réalisatrice québécoise Brigitte Poupart aborde le délicat sujet de l’aide à mourir, malheureusement alourdi par des effets de mise en scène artificiels malgré une interprétation de qualité.
FESTIVAL DE DINARD 2026 – Nos quatre coups de cœur
Un méga coup de vent a transporté Sorociné jusqu’à Dinard, au rendez-vous annuel du cinéma irlandais et britannique. Entre deux sessions de danse accompagnées de violon et de pudding arrosé à la Guinness, la rédac’ a trouvé le temps de dénicher quatre pépites cinématographiques.
NI VUE, NI CONNUE - Marc Fitoussi
Réalisateur prolifique, Marc Fitoussi imagine un monde dans lequel Isabelle Huppert n’aurait jamais percé dans le cinéma et serait toujours cantonnée à la figuration. Et si son film s’étiole malheureusement sur la fin, il se révèle joliment cruel avant cela.
BUTTERFLY JAM – Kantemir Balagov
Malgré un pitch qui ne payait pas de mine – une famille tcherkesse tenant un restaurant dans le New Jersey – Butterfly Jam surprend en disséquant les mécanismes de la violence au sein d’un groupe masculin. Une oeuvre singulière dans laquelle brille le magnétique Barry Keoghan.
MÉMOIRE DE FILLE - Judith Godrèche
Pour son deuxième long-métrage, Judith Godrèche adapte un ouvrage phare d’Annie Ernaux sur la découverte de la violence sexuelle et du regard social. Académique dans son approche du texte d’Ernaux, Mémoire de fille présente toutefois de beaux élans de cinéma.
MELPOMÈNE – Charlotte Dauphin
Second long-métrage de la réalisatrice Charlotte Dauphin (L’Autre), Melpomène mêle deuil et quête de vérité dans un thriller familial psychologique noyé sous un exercice de style hermétique.
HER PRIVATE HELL – Nicolas Winding Refn
Présenté hors compétition et pourtant très attendu, le nouveau film du réalisateur de Drive et Neon Demon est un cas d’école du male gaze.
LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME - Abinash Bikram Shah
Le premier film népalais jamais sélectionné à Cannes, présenté dans la section Un certain regard, impressionne autant par sa maîtrise formelle que par sa portée politique.
LA BELLE ET LA BÊTE – Jean Cocteau
En 1946, il y a quatre-vingts ans, Jean Cocteau réalise un film fantastique français qui fera date. Le succès sera immédiat, et la postérité assurée. Sa ressortie en salles le 16 septembre grâce à SND Films est l’occasion de porter un regard, si ce n’est actuel, au moins actualisé sur ce chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma.
PATERNAL LEAVE – Alissa Jung
Premier long-métrage de l’allemande Alissa Jung, Paternal Leave suit l’itinéraire accidenté d’une relation père-fille le long de la côte italienne, porté par un attachant duo de comédien·nes : Juli Grabenhenrich et Luca Marinelli.
L’HÉRITAGE DIX POUR CENT
Diffusée sur le service public pendant quatre saisons entre octobre 2015 et novembre 2020, la série Dix pour cent, créée par Fanny Herrero et Dominique Besnehard, a bousculé le petit écran de la fiction française. Alors qu’un film tiré de la série vient de débarquer sur la plateforme Netflix six ans après la diffusion du dernier épisode, chez Sorociné, on se propose de faire le bilan d’un projet bien singulier.