Chroniques
L'ÎLE DE LA DEMOISELLE – Micha Wald
Porté par un travail technique impressionnant et des acteurs au sommet, L’Île de la Demoiselle raconte l’incroyable histoire de Marguerite de la Roque qui parvint à survivre et à s’échapper d’une île sur laquelle elle avait été abandonnée par son oncle en 1542. Un intense récit de survie qui trouve toute sa force dans son analyse des violences patriarcales.
RENCONTRE AVEC SALOME DEWAELS ET LOUIS PERES – « Il faut redonner la place aux femmes, dans la société comme dans nos imaginaires »
Incroyable récit de survie, L'Île de la Demoiselle raconte l’histoire vraie de Marguerite de La Roque (Salomé Dewaels), une jeune Française abandonnée par son oncle sur « l'Île des Démons », au Canada, en 1542. Tout en sortant de l’ombre une figure féminine oubliée par l’histoire, le film de Micha Wald s’attache à dépeindre l’oppression et la violence patriarcale. Rencontre avec les acteurs principaux.
Festival international du film sur l’art 2026 : nos trois coups de cœur de réalisatrices
Commencé le 12 mars dans les salles montréalaises et jusqu’au 29 mars en ligne, le festival québécois programme depuis près de quarante ans des films mettant la création artistique à l’honneur. Retour sur nos trois coups de cœur de cette édition.
RENCONTRE AVEC MILAGROS MUMENTHALER – « Nous sommes tous des êtres mystérieux, et c’est très bien, on n’a pas réponse à tout ! »
Son troisième film, Las Corrientes, est en salles depuis le 18 mars. Un récit psychologique nimbé de mystère, où Lina, une jeune styliste tout juste récompensée en Suisse, se jette dans un fleuve sans raison apparente avant de rentrer chez elle à Buenos Aires, reprenant sa vie comme si de rien n’était. Milagros Mumenthaler, réalisatrice argentine et suisse, nous parle de la préparation de ce film hypnotique, où le mystère fait loi et où les personnages s’imposent à leur créatrice.
RENCONTRE AVEC FANNY GUIARD-NOREL – « Il faut beaucoup d’étincelles pour mettre le feu et connaître la véritable libération »
Dans son documentaire Précieuse(s), Fanny Guiard-Norel suit des lycéens qui, menés par leur professeure de théâtre Cécile, décident de réadapter Les Précieuses ridicules de Molière sous un angle féministe. Qu’est-ce qu’une précieuse ? Pourquoi et comment sont-elles moquées ? Tous vont évoluer avec ces réflexions. Rencontre avec la réalisatrice.
LAS CORRIENTES - Milagros Mumenthaler
La très rare réalisatrice suisso-argentine revient pour son troisième long-métrage avec l’histoire étrange d’une styliste hydrophobe. Un film sous forme de déambulation, à la mise en scène impressionnante.
RENCONTRE AVEC SANDRINE BONNAIRE – « J’ai réalisé qu’actrice était un métier avec Sans toit ni loi »
Pour son rôle de vagabonde bougonne dans Sans toit ni loi, d’Agnès Varda, elle avait décroché le César de la meilleure actrice en 1985, à seulement 18 ans. À l’occasion de la ressortie du film en salles, Sandrine Bonnaire revient sur cette expérience hors normes qui l’a détachée des personnages conventionnels tout en la consacrant en tant que comédienne.
CE QU’IL RESTE DE NOUS – Cherien Dabis
Cette ambitieuse fresque historique raconte trois générations d’une famille palestinienne entre colonisation, spoliation et arrachement. S’il est englué dans un classicisme formel qui le dessert, le film se fait plus émouvant lorsqu’il s’intéresse aux figures de patriarches.
LITTLE TROUBLE GIRLS - Urška Djukić
Pour son premier long-métrage, la réalisatrice slovène explore l’éveil du désir de deux adolescentes. Un film qui parvient à être sensuel tout en restant pudique, porté par des actrices magnétiques qui font ici leurs débuts au cinéma.
RENCONTRE AVEC CHLOÉ THIBAUD – « La peur est infiniment politique »
Dans la lignée de son ouvrage Désirer la violence (2024), la journaliste et essayiste Chloé Thibaud publie Pourquoi les hommes ont peur des femmes, un essai qui analyse comment les productions cinématographiques diabolisent les femmes. Entretien fleuve.
Cinq films féministes à (re)voir pour le 8 mars
Pour célébrer ce 8 mars 2026 la journée internationale des droits des femmes, Manon Franken, Mariana Agier, Esther Brejon et Enora Abry vous présentent une sélection de films féministes à voir ou revoir en préparation de cette journée de luttes.
CHRISTY – David Michôd
En retraçant le parcours mouvementé de la boxeuse lesbienne pionnière Christy Salters-Martin, devenue porte-parole de premier plan contre les violences conjugales et les violences faites aux femmes, David Michôd propose un faux biopic trop linéaire et surtout trop lisse.
THE BRIDE ! – Maggie Gyllenhaal
En revisitant le mythe de la créature de Frankenstein pour s’intéresser à sa fiancée, l’actrice et réalisatrice livre un film visuellement passionnant, très riche, jusqu’à l’excès. Un fourre-tout qui étouffe l’intériorité de ses personnages et son propos féministe.
RENCONTRE AVEC CHLOÉ ROBICHAUD – « Le danger avec la comédie, c’est de vouloir jouer la comédie »
La réalisatrice et scénariste québécoise, révélée en 2013 avec un premier film sélectionné à Cannes, s’aventure pour la première fois du côté comique du cinéma avec Deux hommes et quelques femmes, vaudeville à la sauce féministe. Invitée au festival de La Roche-sur-Yon, elle nous avait parlé de cette adaptation libre et décomplexée, des fantasmes un peu cliché et du rôle psychanalytique du karaoké.
DEUX FEMMES ET QUELQUES HOMMES – Chloé Robichaud
Après plusieurs drames, la réalisatrice québécoise Chloé Robichaud s’essaie à la comédie en adaptant Deux femmes en or (Claude Fournier), l’histoire de deux voisines qui décident de pimenter leur quotidien avec des hommes de passage. Un pari parfaitement réussi.
RENCONTRE AVEC MÉLISA GODET – « Face aux violences, les femmes sont toutes sur un pied d’égalité »
Dans La Maison des femmes, elle retrace la création et l’expansion de ce centre né à Saint-Denis pour accueillir les femmes victimes de violences. Un film solaire malgré la gravité de son sujet, porté par de merveilleux acteurs et actrices, parmi lesquel·les Karine Viard, Lætitia Dosch et Pierre Deladonchamps.
Réalisatrices québécoises, la nouvelle vague
Depuis plusieurs années, la présence des femmes cinéastes au Québec se multiplie, avec une visibilité accrue en festivals internationaux et dans les salles obscures. Une génération de réalisatrices qui abordent frontalement des questionnements féministes et queer, avec un goût assumé pour la comédie corrosive.
SCREAM 7 - Kevin Williamson
Le dernier volet de la franchise à bout de souffle essaie désespérément de faire oublier sa production désastreuse, en remettant maladroitement au centre du récit Sidney Prescott et son héritage féministe.
LE SON DES SOUVENIRS (THE HISTORY OF SOUND) - Oliver Hermanus
La romance gay d’Oliver Hermanus, présentée en compétition à Cannes, confirme que deux stars montantes (Paul Mescal et Josh O’Connor) et un bon pitch ne suffisent pas pour réussir un film.
LA FEMME CACHÉE – Bachir Bensaddek
En suivant Halima (incroyable Naïla Harzoune) sur les traces de son passé, le réalisateur québécois Bachir Bensaddek tisse un récit fin sur le tabou autour des violences intrafamiliales.