SCREAM 7 - Kevin Williamson
Copyright 2025 PARAMOUNT PICTURES. ALL RIGHTS RESERVED.
The last Ghostface
Le dernier volet de la franchise à bout de souffle essaie désespérément de faire oublier sa production désastreuse, en remettant maladroitement au centre du récit Sidney Prescott et son héritage féministe.
Disons-le d’emblée : face aux choix calamiteux de la production de la franchise Scream ces dernières années, on n’attendait pas grand-chose de ce septième volet. En 2023, le groupe Spyglass, producteur de la franchise, renvoie Melissa Barrera, actrice principale des deux derniers films, après ses propos condamnant le génocide à Gaza ; cette éviction est suivie du départ de sa costar Jenna Ortega et de Christopher Landon, réalisateur des 5e et 6e volets. À la suite de ce naufrage (les deux actrices incarnant les sœurs Carpenter étaient initialement prévues pour une trilogie, dont Scream 7 devait être le dernier volet), la franchise sauve les meubles en rappelant Neve Campbell, actrice phare de Scream, qui avait quitté la saga après un conflit salarial. La nouvelle trilogie entamée depuis deux films est donc abandonnée, au profit d’un nouveau scénario écrit à la dernière minute et réalisé pour la première fois par Kevin Williamson, scénariste des 1er, 2e et 4e volets.
S’ensuit une promotion qui enchaîne les maladresses en essayant de faire oublier l’éviction de Melissa Barrera : Neve Campbell insistant sur son retour dans la franchise comme une victoire salariale, recentrant le débat sur un sujet féministe plus consensuel ; une campagne marketing s’associant à Meta AI pour générer des images des fans plongés dans les scènes du crime par intelligence artificielle… Ce qui n’empêche pas des appels au boycott du film, lancés dès la mise en production de celui-ci, d’enfler jusqu’à sa sortie.
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Un film écrit sur un mouchoir de poche
De tous ces repêchages de dernière minute, il reste un Scream 7 franchement mauvais, mais surtout étrange et boiteux, comme un film inachevé fait de différents brouillons collés les uns aux autres. Après le rappel de Neve Campbell, le film se concentre donc sur le retour de Sidney Prescott, absente du 6e volet (un fait que le film tentera absurdement de justifier à de très nombreuses reprises, quand bien même la disparition des sœurs Carpenter n’est jamais mentionnée). Celle-ci vit désormais avec son mari et sa fille adolescente, Tatum, mais se confronte très vite au retour de Ghostface, dont le masque cache peut-être un fantôme du passé.
En reprenant l’histoire de Sidney, la final girl iconique de la franchise, Scream 7 tente d’aborder des thématiques féministes dans l’air du temps : la transmission des traumatismes de mère à fille, le dépassement du statut de victime, les violences conjugales ou l’âgisme. Cela aurait pu faire mouche si le film ne hurlait pas ses lacunes à chaque scène, à commencer par un scénario écrit en catastrophe sur un mouchoir de poche, donnant une suite de scènes creuses, parfois incohérentes, et des personnages secondaires dont l’unique but est de combler les vides narratifs.
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Une certaine idée du féminisme
Surtout, son ambition première, celle de questionner le passé et l’héritage de Sidney Prescott comme final girl ultime, icône d’une franchise qui n’a eu de cesse de raconter le harcèlement des femmes et les violences sexuelles, fait l’effet d’un pétard mouillé ; la faute à l’artificialité et l’inconsistance de la relation mère-fille abordée par le film. À l’image de Neve Campbell qui répète sur les plateaux de télévision que Sidney a dépassé son statut de victime pour être une survivante, le personnage de Tatum, la fille de Sidney, lui affirme qu’elle veut être « une battante, pas une victime », lorsque sa mère lui demande de se mettre en sécurité. Une manière particulièrement maladroite et crispante, en 2026, d'ériger les final girls en femmes « puissantes » en opposition aux autres victimes, celles qui n’ont pas su se défendre – et qui entre en contradiction totale avec l’hommage que fait le film à la Tatum originelle, celle du premier film, une des victimes du premier Ghostface.
On peut aussi évoquer la dimension « méta » de ce film, qui aborde sans rien en dire le recours horrifique à l’intelligence artificielle et aux deepfakes (recours ô combien cynique au vu de la promotion du film), ou encore la nostalgie absurde des fans en questionnant le retour possible de Stu Macher, le Ghostface préféré des millenials. Bref, maintenir contre vents et marées la réalisation de ce septième volet hasardeux, bancal et franchement ennuyeux (comble pour un slasher), était un choix désastreux, autant pour la franchise que pour ses fans.
MARIANA AGIER
Scream 7
Réalisé par Kevin Williamson
Avec Neve Campbell, Courteney Cox, Isabel May
Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang.
En salles le 25 février 2026.