Réalisatrices québécoises, la nouvelle vague
Deux femmes et quelques hommes © Les Alchimistes
Depuis plusieurs années, la présence des femmes cinéastes au Québec se multiplie, avec une visibilité accrue en festivals internationaux et dans les salles obscures. Une génération de réalisatrices qui abordent frontalement des questionnements féministes et queer, avec un goût assumé pour la comédie corrosive. À l’occasion de la sortie de Deux femmes et quelques hommes, film de la réalisatrice Chloé Robichaud dont nous sommes partenaires, retour sur quelques cinéastes québécoises à suivre.
Chloé Robichaud
Deux femmes et quelques hommes, Chloé Robichaud, 2026
Née en 1988 à Québec, Chloé Robichaud cocrée en 2012 le média Lez Spread the Word qui s’adresse aux communautés queer de Montréal. La même année, son premier long-métrage Sarah préfère la course est remarqué au Festival de Cannes, dans la sélection Un certain regard. Elle signe également la websérie Féminin/Féminin, qui raconte la vie de six lesbiennes à Montréal.
Son quatrième long-métrage Deux femmes et quelques hommes sort en salles ce mercredi 4 mars. Remake d’un film érotique québécois culte des années 1970, que la réalisatrice dépoussière en le focalisant sur le désir féminin, le film suit Violette et Florence, deux femmes au foyer qui décident de coucher avec des hommes de passage. Sur fond de comédie, Deux femmes et quelques hommes traite les sujets sérieux de la dépression, la santé mentale et le post-partum.
Lawrence Côté-Collins
Bungalow, Lawrence Côté-Collins, 2023
Réalisatrice, scénariste et productrice queer, Lawrence Côté-Collins explore tous les genres : fiction, documentaire, faux documentaire, essai, et même téléréalité. Son dernier film de fiction, Bungalow, sorti en France en 2023, grattait le vernis du rêve américain dans une comédie noire virant au thriller domestique.
Sophie Dupuis
Solo, Sophie Dupuis, 2023
Son premier long-métrage, Chien de garde (2018), suivait le parcours d’un frère aîné qui ne parvient plus à combler les besoins de sa famille. La réalisatrice Sophie Dupuis travaille au corps la thématique de la masculinité dans ses films, et a révélé l’acteur Théodore Pellerin, récemment récompensé aux César. Son dernier film Solo (2023), toujours avec Théodore Pellerin, suit avec finesse un jeune drag queen de Montréal.
Anne Émond
Amour Apocalypse, Anne Emond, 2025
Réalisatrice de sept courts et six longs-métrages, dont un sur la vie et l’œuvre de l’écrivaine québécoise Nelly Arcan (Nelly, 2017), Anne Émond s’est fait récemment remarquer à l’international avec Amour apocalypse, présenté à la Quinzaine des cinéastes du dernier Festival de Cannes. Une comédie romantique sur fond d’éco-anxiété, qui aborde le tabou de la santé mentale chez les hommes, mais aussi notre manière de concevoir des personnages féminins de comédies romantiques.
Monia Chokri
Simple comme Sylvain, Monia Chokri, 2023
On ne présente plus Monia Chokri, révélée dans le cinéma de Xavier Dolan et réalisatrice de trois longs-métrages : La Femme de mon frère (2019), Babysitter (2022) et Simple comme Sylvain (2023). Ses films proposent une réflexion comique et corrosive sur les femmes comme objets ou sujets de désir, mêlée à une réflexion sociologique. En 2025, on l’a également retrouvée à l’affiche de trois films français lesbiens : Love Me Tender, Des preuves d’amour et Les enfants vont bien.
Charlotte Le Bon
Falcon Lake, Charlotte Le Bon, 2022
Mannequin, actrice, animatrice de télévision et réalisatrice, Charlotte Le Bon se lance dans la réalisation en 2017 avec l’étrange Judith Hotel, récit d’un insomniaque qui rêve de dormir pour toujours. Elle poursuit sa carrière de réalisatrice avec le premier long-métrage Falcon Lake (2022), remarqué dans la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes, qui flirte également avec l’étrange et le fantastique. Récemment, elle a également pris les traits de l’artiste Niki de Saint Phalle dans Niki (2022), de Céline Sallette.