Chroniques
RENCONTRE AVEC MASSOUD BAKHSHI – « Le rôle d’un artiste est de refléter son époque, même lorsque ce reflet est difficile à accepter. »
Dans Toutes mes sœurs, en salles le 3 juin 2026, le cinéaste iranien Massoud Bakhshi filme pendant près de dix-huit ans le quotidien de ses nièces au sein d’une famille traditionnelle iranienne. De cette chronique familiale naît un portrait sensible de l’Iran contemporain, où l’intime éclaire les bouleversements d’une société et les aspirations d’une nouvelle génération de femmes.
RENCONTRE AVEC DIANE CLAVIER ET OLIVIA CÔTE – « La phobie des enfants nous a permis de parler des tabous autour de la maternité »
Dans Anna et les Enfants, la réalisatrice Diane Clavier et sa coscénariste Olivia Côte racontent l’histoire d’Anna (Camille Chamoux) dont la vie est gâchée par une peur bien particulière : la phobie des enfants. Questionnant la pression sociale autour de la maternité mais aussi le rôle du père au sein de la famille, elles livrent une comédie assez fine, surprenante, et surtout très drôle.
28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS – Nia DaCosta
Second opus de la nouvelle franchise de contamination « 28 Ans plus tard », Le Temple des morts et sa réalisatrice Nia DaCosta proposent une lecture audacieuse et inattendue de la figure du zombie en questionnant les enjeux climatiques et les dérives fascistes de nos sociétés modernes.
FATHER - Tereza Nvotová
Proposant une alternative au traitement pur du « fait divers », la réalisatrice slovaque raconte l’histoire d’un homme responsable de la mort de sa fille, en s’attachant à retranscrire son trouble et son deuil. Un film dérangeant, percutant, entièrement en plan-séquence, ce qui dénote une incroyable maîtrise malgré quelques longueurs.
RENCONTRE AVEC LILA GUENEAU – « La prise de conscience politique a été l’un des principaux moteurs de l’envie d’émancipation d’Emma »
Dans À bras le corps de Marie-Elsa Sgualdo, elle incarne Emma, une adolescente qui vit dans une communauté protestante suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. S’attachant à disséquer avec habileté l’hypocrisie morale, que ce soit à propos des conventions sociales imposées aux femmes comme à propos du statu quo, À bras le corps brosse un portrait fin (voire acéré) d’une émancipation féminine.
CHARLI XCX: ALONE TOGETHER – Bradley Bell, Pablo Jones-Soler
Replongeant dans l’époque de la pandémie de covid, Charli XCX : Alone Together revient sur l’élaboration de l’album How I’m Feeling Now, créé en collaboration avec les fans de la chanteuse. Les réalisateurs Pablo Jones-Soler et Bradley Bell esquissent alors un double récit touchant : celui de la pop star britannique, mais aussi celui de la communauté qui l’entoure.
Cannes 2026 : L’OBJET DU DÉLIT - Agnès Jaoui
Dans ce film présenté hors compétition le dernier soir du Festival de Cannes, la réalisatrice se lance, sous couvert de nuances, dans le procès maladroit, pour ne pas dire embarrassant, du mouvement #MeToo.
Cannes 2026 : les étoiles de la rédaction
La 79e édition du festival de Cannes est lancée ! La rédaction vous dévoile ses étoiles sur les films de la Compétition, mises à jour tout au long du festival.
MOTHER’S BABY – Johanna Moder
Récompensé du Grand Prix lors de l’édition 2026 du Festival international du film fantastique de Gérardmer, Mother’s Baby de l’Autrichienne Johanna Moder est un thriller féministe d’une froideur virtuose sur le gaslighting maternel, mené par une actrice remarquable, Marie Leuenberger.
VANILLA – Mayra Hermosillo
Peinture colorée de la sororité, Vanilla suit sept femmes d’une même famille vivant ensemble dans le Mexique des années 1980. Un récit doux-amer qui questionne l’absence des pères et révèle une jeune actrice ultra-solaire, Aurora Davilla.
Cannes 2026 : GENTLE MONSTER - Marie Kreutzer
Ce film brut, présenté en compétition, raconte la déliquescence d’un couple lorsque le mari est interpellé pour détention d’images pédopornographiques. La mise en scène puissante de Marie Kreutzer et l’abattage impressionnant de Léa Seydoux permettent de pardonner un scénario imparfait.
Cannes 2026 : LA VIE D’UNE FEMME - Charline Bourgeois-Tacquet
Présenté en compétition, le second long-métrage de la réalisatrice française est porté par une Léa Drucker impériale mais accuse des faiblesses scénaristiques et de mise en scène.
Cannes 2026 : SANGUINE - Marion Le Coroller
Présenté en séance de Minuit pour la séquence gore habituelle de chaque édition du Festival de Cannes, le premier long-métrage de Marion Le Coroller cite à outrance ses références dans un mélange de confusion et de timidité.
Cannes 2026 : L’ÊTRE AIMÉ – Rodrigo Sorogoyen
Présenté en compétition au Festival de Cannes, le nouveau film du réalisateur espagnol confirme sa maîtrise de l’étude des relations intrafamiliales. Dans L’Être aimé, il suit une actrice (Victoria Luengo) qui tente de renouer avec son père (Javier Bardem), un grand réalisateur. Bien loin de porter le cinéma aux nues, il montre avec habileté que l’art n’est ni un lieu de réconciliation ni un motif de pardon.
RENCONTRE AVEC MARIE RÉMOND – « Ce que j’ai vécu ne m’enlèvera pas ma joie »
Dans Élise sous emprise, la metteuse en scène et primoréalisatrice Marie Rémond raconte l’histoire d’une femme engluée dans une relation toxique. En s’inspirant de son vécu, elle livre un film fin sur l’emprise, qui détaille avec minutie l’impact psychologique et physique que celle-ci peut avoir sur la victime.
Cannes 2026 : Deux cheffes décoratrices à découvrir sur la Croisette !
Depuis 2021, la CST (Commission supérieure technique de l’image et du son) met à l’honneur les techniciennes lors du Festival de Cannes grâce à son Prix de la jeune technicienne. Cette année, deux cheffes décoratrices sont en lice : Esther Mysius pour Histoires de la nuit et Livia Lattanzio pour Les Matins merveilleux. Sorociné, qui est partenaire du prix, est allé à leur rencontre.
SAUVONS LES MEUBLES - Catherine Cosme
Le premier long-métrage de la réalisatrice belge est une ode magnifique aux secrets de famille et aux femmes qui les portent, sublimée par l’actrice Vimala Pons.
RENCONTRE AVEC LEYLA BOUZID - « Avec À voix basse, c’est la première fois qu’on voit, dans un pays arabe, deux femmes qui s’aiment »
On l’avait découverte en 2015 avec À peine j’ouvre les yeux, et adorée en 2021 avec Une histoire d’amour et de désir. Dans son troisième long-métrage, À voix basse, Leyla Bouzid raconte l’histoire de Lilia, une femme lesbienne qui revient dans sa Tunisie natale pour les funérailles de son oncle, mort dans des circonstances mystérieuses.
LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA 2 – David Frankel
Vingt ans après son succès planétaire, Le diable s’habille en Prada revient pour un second tour de piste. Ambitieux et surprenant dans son écriture, ce sequel ne se départit pas d'une morale embrassant la réussite féminine corporate douteuse et conservatrice.
RENCONTRE AVEC GABRIELA TORRES – « L’œuvre de Marta Rodriguez est engagée, transgressive et poétique »
Du 14 avril au 5 mai, la Cinémathèque du documentaire et la BPI consacrent une rétrospective au cinéma de Marta Rodriguez, réalisatrice colombienne, pionnière d’un cinéma documentaire qui a porté la voix des luttes sociales amérindiennes. Rencontre avec Gabriela Torres, grande collaboratrice de la cinéaste.