Chroniques
JE VAIS TE TUER – Karine Dusfour
En posant simplement sa caméra dans plusieurs cours de justice françaises, Karine Dusfour retranscrit à l’état brut la parole d’accusés de violences intrafamiliales et décortique avec précision les mécanismes du contrôle coercitif.
LES RÊVEURS - Isabelle Carré
Dans un récit semi-autobiographique, l’actrice Isabelle Carré raconte son passage en hôpital psychiatrique à l’adolescence et l’importance du théâtre dans sa reconstruction. Si la proposition reste scolaire, Les Rêveurs nous touche par la sensibilité de son écriture sur un sujet peu vu sur grand écran.
GIFF 2025 : QUEENS OF THE DEAD - Tina Romero
Qui mieux que la fille de George A. Romero, maître du genre, pour subvertir le film de zombies ? Présenté au Festival du film international de Genève, son premier long-métrage est une œuvre joyeusement gore et engagée, qui manque malheureusement de rythme.
GIFF 2025 : LAS CORRIENTES - Milagros Mumenthaler
La très rare réalisatrice suisso-argentine revient pour son troisième long-métrage avec l’histoire étrange d’une styliste hydrophobe. Un film sous forme de déambulation, à la mise en scène impressionnante.
LA OLA - Sebastián Lelio
Présentée en sélection Cannes Première, cette exploration musicale des révoltes féministes étudiantes au Chili se prend les pieds dans tous les tapis, celui du genre comme celui du propos.
LES BRAISES – Thomas Kruithof
En suivant le combat de Karine (Virginie Efira) au sein des Gilets jaunes, Thomas Kruithof parvient à capturer avec sincérité l’importance de « faire corps » pour contrer le mépris social et retrouver, dans la lutte, un nouveau souffle et une certaine dignité.
NOS JOURS SAUVAGES – Vasilis Kekatos
Présenté lors de la dernière Berlinale, le premier long-métrage du jeune cinéaste Vasilis Kekatos est le portrait d’une jeunesse grecque qui erre entre crise et quête de sens. Nos jours sauvages se rêve en road trip exalté et irrévérencieux, mais tombe à plat.
Le Festival du film féministe des Lilas ouvre sa cinquième édition
Le rendez-vous du cinéma féministe des Lilas ouvre ce mercredi 8 octobre sa cinquième édition, avec une programmation prestigieuse placée sous le signe de la joie militante.
SWIPE - Rachel Lee Goldenberg
En racontant la carrière de Whitney Wolfe, cofondatrice de Tinder et créatrice de Bumble, SWIPE s’attaque à la misogynie dans le milieu de la tech. Pas forcément subtil mais indéniablement fort et rythmé, ce récit marque par l’évolution de son personnage principal, de la « girl du boys’ club » à une femme trouvant sa force dans la sororité.
LEFT-HANDED GIRL - Shih-Ching Tsou
Le premier film solo de la réalisatrice taïwanaise, partenaire de longue date de Sean Baker, est une immersion aussi joyeuse qu’émouvante dans la bulle d’une famille modeste monoparentale de Taipei.
L’INTERÊT D’ADAM - Laura Wandel
Film d’ouverture de la Semaine de la critique 2025, L’Intérêt d’Adam met brillamment en scène le duel au sommet d’une jeune mère et d’une soignante et ausculte la nature du travail social.
NINO – Pauline Loquès
Premier long-métrage d’une maîtrise impressionnante, Nino suit l’errance d’un jeune homme qui vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer. Alternant scènes sensibles et drôles, Pauline Loquès livre un scénario original porté par un trio d’acteurs (Théodore Pellerin, William Lebghil et Salomé Dewaels) touchant.
DALLOWAY – Yann Gozlan
Projeté en Séance de minuit à Cannes, Dalloway est un thriller efficace – mais sans grande originalité ni finesse – sur les dérives de l’intelligence artificielle dans le milieu artistique. Un écrin solide pour l’incandescente Cécile de France et la voix mythique de Mylène Farmer.
SIRAT - Oliver Laxe
En lice pour la Palme d’or, Sirat, de l’Espagnol Oliver Laxe, pourrait être résumé par une célèbre citation de l’anarchiste Emma Goldman : « Si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part à votre révolution. » Sublime.
CONNEMARA – Alex Lutz
Adapté du best-seller de Nicolas Mathieu, le nouveau film d’Alex Lutz explore les doutes liés au passage de la quarantaine à travers le personnage d’Hélène (Mélanie Thierry), qui revient dans sa ville natale à la suite d’un burn-out. Un scénario subtil malheureusement entravé par une réalisation qui accumule les effets de manches.
UNE PLACE POUR PIERROT – Hélène Médigue
Sans viser l’originalité stylistique ou scénaristique, Hélène Médigue livre un récit simple et touchant sur une femme qui se bat pour trouver une place en foyer pour son grand frère autiste. Un film sublimé par la performance du duo formé par Grégory Gadebois et Marie Gillain.
LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP - Nader Saeivar
Au cœur du régime iranien, une femme se bat pour faire reconnaître le féminicide de sa fille adoptive. Des interprètes brillants pour un scénario subtil mais qui malheureusement ne parvient pas à monter en tension.
LA GUERRE DES ROSE - Jay Roach
Remake du film éponyme réalisé par le comédien Danny DeVito,avec Kathleen Turner et Michael Douglas, La Guerre des Rose s’offre une actualisation réussie et méchamment drôle servie par les impeccables Olivia Colman et Benedict Cumberbatch.
FAMILY THERAPY - Sonja Prosenc
Pour son troisième long-métrage, la réalisatrice slovène Sonja Prosenc dissèque les relations ambiguës d’une riche famille. Alliant une esthétique aseptisée à un scénario cultivant la gêne grâce à de nombreux silences, elle livre une satire sociale qui emprunte à l’humour de Ruben Östlund et Yorgos Lanthimos.
K-POP DEMON HUNTERS - Maggie Kang & Chris Appelhans
Succès estival surprise, K-Pop Demon Hunters truste le top 3 de la plateforme Netflix depuis plus de deux mois. Une ascension virale pour le moins inédite, qui prouve une fois de plus la puissance du soft power sud-coréen. Résultat : un film d’animation au girl power pétillant et à la bande-son contagieuse.