Chroniques
RENCONTRE AVEC LILA GUENEAU – « La prise de conscience politique a été l’un des principaux moteurs de l’envie d’émancipation d’Emma »
Dans À bras le corps de Marie-Elsa Sgualdo, elle incarne Emma, une adolescente qui vit dans une communauté protestante suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. S’attachant à disséquer avec habileté l’hypocrisie morale, que ce soit à propos des conventions sociales imposées aux femmes comme à propos du statu quo, À bras le corps brosse un portrait fin (voire acéré) d’une émancipation féminine.
CHARLI XCX: ALONE TOGETHER – Bradley Bell, Pablo Jones-Soler
Replongeant dans l’époque de la pandémie de covid, Charli XCX : Alone Together revient sur l’élaboration de l’album How I’m Feeling Now, créé en collaboration avec les fans de la chanteuse. Les réalisateurs Pablo Jones-Soler et Bradley Bell esquissent alors un double récit touchant : celui de la pop star britannique, mais aussi celui de la communauté qui l’entoure.
Cannes 2026 : L’OBJET DU DÉLIT - Agnès Jaoui
Dans ce film présenté hors compétition le dernier soir du Festival de Cannes, la réalisatrice se lance, sous couvert de nuances, dans le procès maladroit, pour ne pas dire embarrassant, du mouvement #MeToo.
Cannes 2026 : les étoiles de la rédaction
La 79e édition du festival de Cannes est lancée ! La rédaction vous dévoile ses étoiles sur les films de la Compétition, mises à jour tout au long du festival.
Cannes 2026 : LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME - Abinash Bikram Shah
Le premier film népalais jamais sélectionné à Cannes, présenté dans la section Un certain regard, impressionne autant par sa maîtrise formelle que par sa portée politique.
Cannes 2026 : MÉMOIRE DE FILLE - Judith Godrèche
Pour son premier long-métrage, Judith Godrèche adapte un ouvrage phare d’Annie Ernaux sur la découverte de la violence sexuelle et du regard social. Académique dans son approche du texte d’Ernaux, Mémoire de fille présente toutefois de beaux élans de cinéma.
MOTHER’S BABY – Johanna Moder
Récompensé du Grand Prix lors de l’édition 2026 du Festival international du film fantastique de Gérardmer, Mother’s Baby de l’Autrichienne Johanna Moder est un thriller féministe d’une froideur virtuose sur le gaslighting maternel, mené par une actrice remarquable, Marie Leuenberger.
VANILLA – Mayra Hermosillo
Peinture colorée de la sororité, Vanilla suit sept femmes d’une même famille vivant ensemble dans le Mexique des années 1980. Un récit doux-amer qui questionne l’absence des pères et révèle une jeune actrice ultra-solaire, Aurora Davilla.
Cannes 2026 : RENCONTRE AVEC JUDITH GODRÈCHE – « Combien de fois doit-on écrire le même livre, témoigner du même vécu, pour être entendues ? »
Adapter Annie Ernaux est un défi de taille que Judith Godrèche relève avec brio avec Mémoire de fille. On y suit Annie (Tess Barthélemy) qui découvre la sexualité à travers la violence masculine lors d’une colonie de vacances dans laquelle elle est monitrice, en été 1958. Un récit fin pour une mise en scène qui l’est tout autant et qui explore ce qu’encore trop de personnes qualifie de « zone grise » du consentement.
Cannes 2026 : RENCONTRE AVEC VICTOR BONNEL – « C’est une grande responsabilité d’incarner l’histoire d’Annie Ernaux, surtout mise en scène par Judith Godrèche ! »
Dans Mémoire de fille de Judith Godrèche, il incarne H, le moniteur en chef d’une colonie de vacances qui agresse sexuellement et manipule Annie, la nouvelle monitrice. Un rôle difficile pour une histoire nécessaire sur les violences masculines et sur la difficulté à représenter le non-consentement, dont Victor Bonnel nous dévoile les coulisses.
Cannes 2026 : BUTTERFLY JAM – Kantemir Balagov
Malgré un pitch qui ne payait pas de mine – une famille tcherkesse tenant un restaurant dans le New Jersey – Butterfly Jam surprend en disséquant les mécanismes de la violence au sein d’un groupe masculin. Une belle ouverture pour la Quinzaine des cinéastes dans laquelle brille le magnétique Barry Keoghan.
Cannes 2026 : HER PRIVATE HELL – Nicolas Winding Refn
Présenté hors compétition et pourtant très attendu, le nouveau film du réalisateur de Drive et Neon Demon est un cas d’école du male gaze.
Cannes 2026 : GENTLE MONSTER - Marie Kreutzer
Ce film brut, présenté en compétition, raconte la déliquescence d’un couple lorsque le mari est interpellé pour détention d’images pédopornographiques. La mise en scène puissante de Marie Kreutzer et l’abattage impressionnant de Léa Seydoux permettent de pardonner un scénario imparfait.
Cannes 2026 : LA VIE D’UNE FEMME - Charline Bourgeois-Tacquet
Présenté en compétition, le second long-métrage de la réalisatrice française est porté par une Léa Drucker impériale mais accuse des faiblesses scénaristiques et de mise en scène.
Cannes 2026 : SANGUINE - Marion Le Coroller
Présenté en séance de Minuit pour la séquence gore habituelle de chaque édition du Festival de Cannes, le premier long-métrage de Marion Le Coroller cite à outrance ses références dans un mélange de confusion et de timidité.
Cannes 2026 : L’ÊTRE AIMÉ – Rodrigo Sorogoyen
Présenté en compétition au Festival de Cannes, le nouveau film du réalisateur espagnol confirme sa maîtrise de l’étude des relations intrafamiliales. Dans L’Être aimé, il suit une actrice (Victoria Luengo) qui tente de renouer avec son père (Javier Bardem), un grand réalisateur. Bien loin de porter le cinéma aux nues, il montre avec habileté que l’art n’est ni un lieu de réconciliation ni un motif de pardon.
RENCONTRE AVEC MARIE RÉMOND – « Ce que j’ai vécu ne m’enlèvera pas ma joie »
Dans Élise sous emprise, la metteuse en scène et primoréalisatrice Marie Rémond raconte l’histoire d’une femme engluée dans une relation toxique. En s’inspirant de son vécu, elle livre un film fin sur l’emprise, qui détaille avec minutie l’impact psychologique et physique que celle-ci peut avoir sur la victime.
Cannes 2026 : Deux cheffes décoratrices à découvrir sur la Croisette !
Depuis 2021, la CST (Commission supérieure technique de l’image et du son) met à l’honneur les techniciennes lors du Festival de Cannes grâce à son Prix de la jeune technicienne. Cette année, deux cheffes décoratrices sont en lice : Esther Mysius pour Histoires de la nuit et Livia Lattanzio pour Les Matins merveilleux. Sorociné, qui est partenaire du prix, est allé à leur rencontre.
SAUVONS LES MEUBLES - Catherine Cosme
Le premier long-métrage de la réalisatrice belge est une ode magnifique aux secrets de famille et aux femmes qui les portent, sublimée par l’actrice Vimala Pons.
RENCONTRE AVEC LEYLA BOUZID - « Avec À voix basse, c’est la première fois qu’on voit, dans un pays arabe, deux femmes qui s’aiment »
On l’avait découverte en 2015 avec À peine j’ouvre les yeux, et adorée en 2021 avec Une histoire d’amour et de désir. Dans son troisième long-métrage, À voix basse, Leyla Bouzid raconte l’histoire de Lilia, une femme lesbienne qui revient dans sa Tunisie natale pour les funérailles de son oncle, mort dans des circonstances mystérieuses.