Chroniques
L’ODYSSÉE – Christopher Nolan
L’adaptation d’Homère proposée par le pape du blockbuster coche toutes les cases du grand spectacle nolanien, personnages féminins sacrifiés compris. Mais se révèle passionnante dans ce qu’elle raconte d’un monde gouverné par l’hubris des hommes.
Sept films de vampires à (re)voir pour rester au frais cet été
C’est l’été, les épisodes caniculaires se succèdent, alors pour rester au frais (et pour accompagner la sortie de notre nouveau podcast sur Twilight), on vous présente notre sélection de films sur nos monstres buveur·ses de sang préféré·es.
VAIANA, LA LÉGENDE DU BOUT DU MONDE – Thomas Kail
Fort du succès de sa version animée, Vaiana, conte d’aventure maritime musical à l’héroïne intrépide se voit offrir le traitement en prise de vues réelles par le studio Disney. Copié-collé de son prédécesseur, cette ré-imagination clinquante abandonne le potentiel évident de son héroïne et se noie dans le verre d’eau de sa propre création.
SUPERGIRL – Craig Gillespie
Pour son retour sur grand écran, après un film éponyme en 1984, Supergirl tente de souffler un vent nouveau sur son héroïne, verre à la main, sarcasme au bout des lèvres et playlist cool dans les oreilles. Malgré l’interprétation dévouée et fun de Milly Alcock, le long-métrage peine à trouver son rythme, ankylosé par son cahier des charges et un montage de téléfilm.
BLUE HERON – Sophy Romvari
Premier long-métrage de la cinéaste canado-hongroise Sophy Romvari, Blue Heron dessine un portrait familial mélancolique où un coming of age âpre rencontre un fantastique salvateur.
SEULS LES REBELLES - Danielle Arbid
Présenté en ouverture de la dernière Berlinale, le nouveau film de Danielle Arbid (Peur de rien, Passion simple) raconte l’histoire d’amour contrariée d’un couple que tout semble opposer. Un film intéressant par sa mise en scène de la pudeur, mais pas toujours convaincant.
A SECOND LIFE – Laurent Slama
Après Paris est à nous (2019) et Années 20 (2021), réalisés sous le pseudonyme d’Elisabeth Vogler, Laurent Slama propose une nouvelle exploration de la capitale à travers les yeux d’une héroïne en proie aux doutes. Un double portrait urbain et féminin qui se veut enivrant, mais se révèle poussif.
28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS – Nia DaCosta
Second opus de la nouvelle franchise de contamination « 28 Ans plus tard », Le Temple des morts et sa réalisatrice Nia DaCosta proposent une lecture audacieuse et inattendue de la figure du zombie en questionnant les enjeux climatiques et les dérives fascistes de nos sociétés modernes.
FATHER - Tereza Nvotová
Proposant une alternative au traitement pur du « fait divers », la réalisatrice slovaque raconte l’histoire d’un homme responsable de la mort de sa fille, en s’attachant à retranscrire son trouble et son deuil. Un film dérangeant, percutant, entièrement en plan-séquence, ce qui dénote une incroyable maîtrise malgré quelques longueurs.
CHARLI XCX: ALONE TOGETHER – Bradley Bell, Pablo Jones-Soler
Replongeant dans l’époque de la pandémie de covid, Charli XCX : Alone Together revient sur l’élaboration de l’album How I’m Feeling Now, créé en collaboration avec les fans de la chanteuse. Les réalisateurs Pablo Jones-Soler et Bradley Bell esquissent alors un double récit touchant : celui de la pop star britannique, mais aussi celui de la communauté qui l’entoure.
Cannes 2026 : L’OBJET DU DÉLIT - Agnès Jaoui
Dans ce film présenté hors compétition le dernier soir du Festival de Cannes, la réalisatrice se lance, sous couvert de nuances, dans le procès maladroit, pour ne pas dire embarrassant, du mouvement #MeToo.
Cannes 2026 : les étoiles de la rédaction
La 79e édition du festival de Cannes est lancée ! La rédaction vous dévoile ses étoiles sur les films de la Compétition, mises à jour tout au long du festival.
MOTHER’S BABY – Johanna Moder
Récompensé du Grand Prix lors de l’édition 2026 du Festival international du film fantastique de Gérardmer, Mother’s Baby de l’Autrichienne Johanna Moder est un thriller féministe d’une froideur virtuose sur le gaslighting maternel, mené par une actrice remarquable, Marie Leuenberger.
VANILLA – Mayra Hermosillo
Peinture colorée de la sororité, Vanilla suit sept femmes d’une même famille vivant ensemble dans le Mexique des années 1980. Un récit doux-amer qui questionne l’absence des pères et révèle une jeune actrice ultra-solaire, Aurora Davilla.
Cannes 2026 : L’ÊTRE AIMÉ – Rodrigo Sorogoyen
Présenté en compétition au Festival de Cannes, le nouveau film du réalisateur espagnol confirme sa maîtrise de l’étude des relations intrafamiliales. Dans L’Être aimé, il suit une actrice (Victoria Luengo) qui tente de renouer avec son père (Javier Bardem), un grand réalisateur. Bien loin de porter le cinéma aux nues, il montre avec habileté que l’art n’est ni un lieu de réconciliation ni un motif de pardon.
SAUVONS LES MEUBLES - Catherine Cosme
Le premier long-métrage de la réalisatrice belge est une ode magnifique aux secrets de famille et aux femmes qui les portent, sublimée par l’actrice Vimala Pons.
LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA 2 – David Frankel
Vingt ans après son succès planétaire, Le diable s’habille en Prada revient pour un second tour de piste. Ambitieux et surprenant dans son écriture, ce sequel ne se départit pas d'une morale embrassant la réussite féminine corporate douteuse et conservatrice.
SORDA - Eva Libertad
La réalisatrice espagnole s’inspire de l’expérience de sa propre sœur, Miriam Garlo, actrice sourde, pour imaginer un personnage confronté à la maternité. Et signe un long-métrage éminemment sensoriel d’une puissance bouleversante.
MĀRAMA – Taratoa Stappard
Sous son aspect de conte horrifico-gothique inquiétant, Mārama manie adroitement des notions féministes et anticoloniales. Le film interroge les mécanismes de l’appropriation culturelle en se focalisant sur une part historique méconnue de l’histoire du peuple māori et sa colonisation sanguinaire par l’Empire britannique.
CARAVANE - Zuzana Kirchnerová
Le premier long-métrage de la réalisatrice tchèque raconte l’histoire d’une mère partie en vacances avec son fils porteur de la trisomie 21. Un film lumineux et sensible, quoiqu’un peu convenu.