Chroniques
DIS MOI JUSTE QUE TU M’AIMES - Anne Le Ny
Malgré une esthétique peu soignée, Dis-moi juste que tu m’aimes monte en gamme grâce à son scénario. Voyant au-delà de l’histoire d’adultère qui vire au fait divers, Anne Le Ny propose une représentation plutôt convaincante de la relation entre un pervers manipulateur et sa victime.
SEPTEMBER & JULY - Ariane Labed
Après le court métrage Olla, Ariane Labed affirme son style expressif et maîtrisé et joue avec les frontières de l’étrange, au cœur de l’intimité d’une relation fusionnelle entre sœurs.
PRIMA LA VITA - Francesca Comencini
Francesca Comencini plonge dans ses souvenirs pour évoquer la relation avec père, l’illustre cinéaste italien Luigi Comencini, dans un film émouvant doublé d’un hommage au cinéma.
L’ATTACHEMENT – Carine Tardieu
Avec son cinquième long-métrage, Carine Tardieu continue son exploration fine des liens affectifs. Elle raconte l’histoire d’une libraire farouchement indépendante qui se retrouve – plus ou moins malgré elle – à partager le quotidien familial de son voisin de palier après le décès de sa femme.
BREF.2 - Kyan Khojandi et Bruno Muschio
La deuxième saison de la série culte Bref, diffusée sur Disney+, est un prolongement réussi du format court culte développé il y a treize ans, qui offre une réflexion passionnante sur la masculinité contemporaine.
FROM GROUND ZERO, The Untold Stories From Gaza - à l’initiative de Rashid Masharawi
Face aux images documentaires montrant le pire – les conditions de vie d’un tissu social victime d’un génocide – nous voilà témoins et acteurs de l’Histoire. Une responsabilité qui fait de ce film un film essentiel, aussi bien à la survie des Palestinien·nes qu’à la pérennité de notre humanité.
BRIDGET JONES : FOLLE DE LUI - Michael Morris
Le quatrième volet des aventures de la célibataire londonienne la plus célèbre du grand écran aurait pu être un projet vain, voire embarrassant. Contre toute attente, la comédie vire à la mélancolie et, si elle ne surprend pas vraiment, devient franchement attachante.
PRESENCE – Steven Soderbergh
L’hyper-prolifique et imprévisible Steven Soderbergh revient au cinéma d’horreur avec un long-métrage intégralement tourné du point de vue de l’entité qui hante la maison d’une famille américaine. Bien plus dramatique qu’horrifique, Presence a l’intelligence de ne pas simplement se reposer sur son concept et développe un scénario qui ausculte les dynamiques intrafamiliales inégalitaires et la violence masculine.
MARIA - Pablo Larraín
Pablo Larraín conclut son triptyque consacré aux grandes icônes mythiques féminines du siècle dernier après Jackie (2016) et Spencer (2021). Avec Maria, consacré aux derniers jours de la Callas, il convoque la mémoire pour redonner à la diva son corps et son identité.
LA MER AU LOIN - Saïd Hamich Benlarbi
Pour son deuxième long-métrage, le réalisateur suit, avec un sens du romanesque impressionnant, la rencontre d’un immigré marocain avec un couple de Français incongru. Une chronique triste et lumineuse à la fois, qui présente l’un des plus beaux personnages féminins de cinéma des derniers mois.
JULIE SE TAIT - Leonardo Van Dijl
Le premier long-métrage du réalisateur belge Leonardo Van Dijl, primé à la dernière Semaine de la critique, raconte avec une incroyable justesse ce que signifie la libération de la parole, et la difficulté à parler.
APPRENDRE - Claire Simon
Dans son nouveau documentaire, Claire Simon embarque dans une école élémentaire d’Ivry-sur-Seine et s’immerge dans la vie quotidienne des enfants, au plus près de leurs sensations, avec comme seule direction la beauté du verbe apprendre.
COMPANION - Drew Hancock
Comédie de science-fiction à l’esthétique rétro-futuriste, Companion embrasse les codes du revenge movie au féminin mais se contente d’un calibrage trop sage où il peine à explorer la thématique de l’empowerment féminin qu’il aborde. Épatante, la comédienne américaine Sophie Thatcher se pose comme une nouvelle icône du cinéma horrifique et fantastique.
SING SING - Greg Kwedar
Porté par l’impressionnante performance de Colman Domingo et de ses partenaires non professionnels, Sing Sing dresse un portrait collectif juste et sensible, sans pour autant parvenir à sortir des sentiers battus.
WOLF MAN - Leigh Whannell
Le réalisateur et scénariste australien Leigh Whannell poursuit son travail de relecture des Universal Monsters. Après avoir exploré la masculinité toxique, les violences conjugales et l’emprise dans Invisible Man (2020), il pose avec Wolf Man la question de l’hérédité générationnelle et sociétale de cette masculinité toxique et violente.
BABYGIRL - Halina Reijn
Porté par une Nicole Kidman électrisante, le troisième long-métrage de Halina Reijn, qu’elle qualifie de « comédie de mœurs », explore avec justesse le plaisir féminin en jouant avec les codes du thriller érotique.
NIGHTBITCH - Marielle Heller
Marielle Heller adapte le roman éponyme de l’autrice Rachel Yoder et propose un film surréaliste aux accents fantastiques propret, métaphore d’une réflexion sur la maternité manquant de subtilité.
CHÂTEAU ROUGE - Hélène Milano
Pour son troisième long-métrage documentaire, Hélène Milano plonge sa caméra au cœur d’un collège parisien du quartier de la Goutte-d’Or. Château Rouge dresse avec délicatesse le portrait nuancé d’une jeunesse défavorisée, entre questionnements et espoir.
JOUER AVEC LE FEU - Delphine et Muriel Coulin
Le troisième film des sœurs Coulin dissèque les dynamiques d’une famille monoparentale dans laquelle l’un des enfants glisse vers l’idéologie identitaire d’extrême droite. Magnifiquement interprété par trois acteurs au sommet, le long-métrage tape juste et très fort.
LA RIVIERE DES SENS – Ma Xue
Avec des images souvent crues, parfois poétiques, La Rivière des sens suit la redécouverte intime et sexuelle d’une femme lors du confinement lié à la pandémie mondiale.