MELPOMÈNE – Charlotte Dauphin

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Chercher la mère

Second long-métrage de la réalisatrice Charlotte Dauphin (L’Autre), Melpomène mêle deuil et quête de vérité dans un thriller familial psychologique noyé sous un exercice de style hermétique.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Après une séquence d’ouverture filmant une chasse à courre, la réalisatrice Charlotte Dauphin inscrit son film dans le sillage de cette citation rabelaisienne. Ainsi, le mystérieux Melpomène enchevêtre plusieurs fils narratifs, d’un côté la maladie qui entoure notre protagoniste, Marthe, professeur d’art, et de l’autre son enquête – application de sa conscience – sur les traces de sa mère, morte dans d’obscures circonstances. Les deux fils se rejoignent bientôt pour faire du film un thriller où Marthe s’improvise enquêtrice au sein de la communauté énigmatique qui l’a vue grandir dans le sud de la France. Au cœur de cette microsociété quasi mystique trône Melpomène, clinique spécialisée où mère et fille sont suivies tour à tour.

Figure antique, Melpomène est l’une des neuf muses de la mythologie grecque, muse du chant, de l’harmonie musicale et de la tragédie. C’est sur ce versant tragique que le film choisit de s’inscrire à mesure que l’enquête bascule dans la paranoïa et que les non-dits éclatent. Outre son empreinte mythologique, Melpomène travaille un formalisme appuyé. La plupart des scènes ont pour décor le Palais Bulles conçu par l’architecte hongrois Antti Lovag. Dauphin embrasse cette architecture organique mais l’hygiénise pour parfaire l’atmosphère de son récit. Elle use de compositions de cadres géométriques, de lumières froides et d’incursions en noir en blanc entre les cinémas savants de Yorgos Lánthimos et d’Ingmar Bergman. À cette construction visuelle s’ajoute le choix d’un casting international prestigieux où se télescopent Pascal Greggory, Marisa Berenson, Anouk Grinberg ou encore Andie MacDowell, tous·tes nimbé·es d’une aura cryptique et filmé·es comme des statues bicéphales.

Pourtant, sous tout cet habillage de thriller, c’est la santé mentale des femmes et sa non-prise en charge qui semble travailler la réalisatrice. Elle dédouble sa figure féminine, de la mère atteinte de schizophrénie à la fille atteinte d’un cancer du sein. Ainsi, à des décennies d’écart, Marthe et sa mère affrontent des épreuves similaires face à un microcosme qui préfère les étouffer, voire les forcer à disparaître plutôt que de les aider à guérir et à démanteler leur mode de vie anthropophage en vase clos. Malgré ces envies thématiques, le film est englouti sous son exercice de style écrasant et hermétique.

LISA DURAND 

Melpomène

Réalisé par Charlotte Dauphin

Avec Charlotte Dauphin, Pascal Greggory, Andie MacDowell

France , 2026

Trente ans après la mort mystérieuse de sa mère, Marthe revient dans le sud de la France pour faire éclater la vérité. Mais plus elle s'approche de son passé, plus le réel semble lui échapper.

En salles le 30 septembre 2026

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