L’ÎLE DES SOUVENIRS – Joel Crawford et Januel P. Mercado

Copyright Dreamworks Animation

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Nouvelle proposition des studios Dreamworks, L’Île des souvenirs teste les liens amicaux qui unissent les meilleures copines Jo et Raissa lors d’une aventure magique à l’animation inventive, plombée par un trop-plein d’effets et une narration trop étirée.

Qu’est-ce qui maintient une amitié ? Une collection de souvenirs communs ? Un lien indéfectible ? C’est à cette question que veut répondre L’Île des souvenirs, dernier-né des studios d’animation états-uniens Dreamworks. On y suit Jo et Raissa, copines geeks à l’imagination débordante. Celles qui ont forgé leur amitié sur les bancs de l’école se rêvent en aventurières intrépides à la découverte de Nakali, la fameuse île des souvenirs où la lola (grand-mère) de Jo a fait le voyage des décennies auparavant. Les années passent, les bijoux de bracelets d’amitié s'accumulent sur les poignets, mais la réalité du monde sérieux des adultes commence à grignoter les aspirations et les ambitions des deux jeunes femmes. Après le lycée, Raissa est promise à un avenir académique tout tracé, tandis que Jo peine à choisir sa vie d’adulte. L’équilibre se fracture le temps d’une soirée d’adieu alors que le portail vers Nakali s’ouvre sous les pieds de nos deux héroïnes.

Divertissement grand public, L’Île des souvenirs déploie un style d’animation énergique aux couleurs éclatantes, dans la veine d’un des précédents films du studio : Le Chat Potté 2, la dernière quête, déjà réalisé par le duo formé par Joel Crawford et Januel P. Mercado. Il emprunte également aux animes japonais –  type Sailor Moon ou Dragon Ball – ainsi qu’aux arts philippins et à la pop culture des années 1990, selon ses deux coréalisateurs. Cet hommage culturel aux Philippines infuse d’ailleurs tout le long-métrage. On y découvre aussi un « soft power » culturel états-unien dans les références visuelles, pop-culturelles et musicales de ce film jukebox. Pas étonnant quand on sait que les Philippines étaient une ancienne puissance coloniale sous domination espagnole et japonaise, puis sous occupation états-unienne jusqu’à l’obtention de leur indépendance au milieu du XXe siècle.

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C’est au milieu de ce tissu culturel et politique chargé, à l’héritage marqué, que l’amitié tout feu tout flamme de Jo et Raissa se dessine, entre les soirées pyjama devant des films de Jean-Claude Van Damme, les contes de lola Fatima, les karaokés sur des tubes de Journey et Simple Minds et une quête de souvenirs égarés aidée d’un homme-chien à la dégaine de Marty McFly. Ce récit d’amitié très sympathique, quoique cousu de fil blanc, vaut surtout le détour pour son audace visuelle, les possibilités foisonnantes de son animation plus que généreuse et son humour étonnamment outrancier pour un public jeunesse. Si l’animation élastique défile sous nos yeux tambour battant, elle vire par moments à l’épilepsie, surtout dans le dernier acte du film, où les souvenirs surexplicatifs de la soirée de la veille nous reviennent comme un bad trip. Malgré tous ses bons ingrédients et son duo attachant, L’Île de souvenirs souffre d’un trop-plein de péripéties qui plombe ses propres ailes.

LISA DURAND

Wicker

Réalisé par Joel Crawford, Januel P. Mercado

Avec Manon Bresch, H.E.R., Anaïde Rozam

.Jo et Raissa, deux meilleures amies depuis la primaire, viennent d'obtenir le baccalauréat. Elles s’apprêtent désormais à s’engager dans des voies différentes. Tandis qu’elles fêtent leur dernière soirée ensemble, elles tombent sur un portail mystérieux qui les emmène sur l’île fantastique de Nakali, peuplée de créatures féeriques et mythologiques, tout droit sorties des contes philippins de leur enfance. Si certaines de ces créatures sont bienveillantes, d’autres, au contraire, se révèlent de terribles ennemies. Avec l’aide de Raww, chien-garou aussi bien intentionné que malchanceux, et d’une bande de petits compagnons dotés de pouvoirs extraordinaires, Jo et Raissa doivent affronter la Redoutable Manananggal, la créature la plus terrifiante de l’île. Quand les deux jeunes filles comprennent qu’elles doivent renoncer à leurs souvenirs communs pour pouvoir rentrer chez elles, Jo et Raissa se lancent dans une course contre la montre pour quitter l’île avant qu’elles ne puissent même plus se rappeler s’être connues un jour…

En salles le 21 octobre 2026.

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