REPRÉSENTRANS : Lancement de l’annuaire d’acteur·ices trans et non-binaires francophones

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À l’occasion de la Journée de la Visibilité Trans, ce mercredi 31 mars 2021, le collectif Représentrans, fondé par Charlie Fabre (il/lui) et Gabriel Harrivelle (iel), a décidé de démanteler une idée fausse et qui a la vie dure, celle qui dirait qu’il n’y a pas d’acteur·ice·s trans et non-binaires en France. C’est par l’intermédiaire d’un annuaire disponible à tou·tes et pour tou·tes, que les fondateurs et Elliot Voilmy (lui) ont décidé de renverser la balance et d’offrir une visibilité essentielle. C’est dans ce cadre que nous avons pu échanger avec Charlie Fabre, chercheur en études trans

« Les représentations qui existent actuellement ne sont pas les bonnes » 

C’est suite à la présentation du film A Good Man de Marie-Castille Mention-Schaar, qui met en scène l’actrice Noémie Merlant dans le rôle de Benjamin, un homme trans, que le collectif est né. L’envie de montrer que la communauté trans est présente et que les représentations doivent l’être tout autant ont été les éléments fondateurs du collectif. L’identification d’une « déconnexion entre l’industrie et la communauté », comme cité dans le dossier de presse, fut vecteur du projet.

« On a commencé par faire une enquête pour recenser les acteur·ices trans et non-binaires francophones. Cette dernière a été révélatrice et nous a permis, par la suite, la création de cet annuaire. L’idée principale c’est de répondre à cette question qui circule : les acteur·ices trans et non-binaires francophones existent et iels sont essentiel·les. ». Accessible, réfléchi et pratique, l’annuaire, qui compte à ce jour 39 personnes (7 femmes trans, 14 hommes trans et 18 personnes non-binaires), est un outil indispensable mis à la disposition de toutes les productions (sur inscription gratuite pour protéger les profils d’éventuels désagréments). 

« Nos histoires doivent se raconter avec nous. » 

Ces dernières années le cinéma s’est emparé des questions trans. Si on salue l’initiative, malheureusement, dans l’exécution les récits sont souvent erronés notamment à cause d’une absence quasi systématique et totale des personnes concernées : « Très souvent ces films, et notamment les cinéastes, ont un lien avec une personne trans. C’est souvent une personne de leur entourage proche. Même si c’est bien d’avoir le récit d’une personne, c’est loin d’être la meilleure des choses car très souvent ça ne représente qu’un seul parcours » explique Charlie Fabre. C’est une défense exposée pour chaque film qui traite des questions et des parcours trans. À travers une « personne-caution » les productions et cinéastes expriment une défense vaine, souvent maladroite et qui découle d’un manque évident d’éducation sur ces questions. 

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« Avec Représentrans nous avons été invité à des avants-premières du film A Good Man. Nous avons pu échanger avec la réalisatrice et l’actrice principale. Il y a eu un véritable échange. Ce qui est fait est fait mais il faut éduquer, sensibiliser, pour qu’à l’avenir ce genre de films ne se fassent plus de la même façon » précise Charlie Fabre. Une démarche salutaire et dans la continuité de l’annuaire : « On offre un accompagnement aux talents qui s’inscrivent sur l’annuaire. En plus de mettre en ligne leurs profils, nous sommes directement et constamment, en contact avec eux. Si iels ressentent le besoin, sur un tournage, d’avoir un soutien, nous sommes là. Nous agissons en tant que consultant et relecteur. Les acteurices ne doivent pas, si iels n’ont pas envie, se charger de l’éducation sur le plateau et s’assurer que tout se passe bien. Iels peuvent rester concentrer sur leur travail » ajoute Charlie Fabre.

Derrière la caméra

Si l’annuaire est aujourd’hui uniquement disponible pour les acteur‧ices, l’été prochain, une deuxième enquête donnera naissance à un élargissement de l’outil pour permettre aux personnes exerçant d’autres métiers (techniques, maquillage, etc) d’y figurer afin que les représentations ne se fassent pas seulement devant la caméra : « Gabriel avait écrit et posté un article sur le site ayant comme le sujet les représentations des personnages trans à l’écran et pourquoi il est essentiel que ces personnages soient incarnés par des personnes trans. C’est un article qui a beaucoup fonctionné. C’est très bien mais la réflexion ne doit pas s’arrêter là » introduit Charlie Fabre, « la démarche doit s’élargir à tous les métiers pour englober toutes les possibilités et dimensions. Les équipes doivent-elles aussi être diversifiées. Si un·e acteur‧ice trans incarne un personnage trans sur un film, il faut que cette personne puisse être mise en valeur par l’écriture, le cadre, le maquillage par exemple, sinon ça n’a aucun sens. Tout est lié. » précise Charlie Fabre.


Représentrans est un collectif bénévole qui n’a, pour le moment, aucun soutien financier : « la meilleure chose à faire pour nous soutenir c’est de partager notre démarche, nos publications sur les réseaux sociaux afin que le plus grand nombre puisse être alerté » exprime Charlie Fabre.

Pour les soutenir, rendez-vous sur leur compte Instagram et Twitter

Pauline Mallet

Rédactrice en cheffe de Sorociné