COMME À LA MAISON – Avril 2021

comme à la maison

Fini les sempiternels « Qu’est ce qu’on regarde ce soir ? » et les longues errances sur Netflix ! Chaque mois, on vous propose quelques recommandations de films disponibles en VOD ou SVOD à travers une thématique féministe, et/ou avec une femme derrière la caméra. Une chose est sûre, il y en aura pour tous les goûts.

Au programme ce mois-ci : des vampires au fin fond de l’Ouest américain, une actrice derrière la caméra, le milieu des drag-queens dans les Tokyo des années 60, et un film méconnu des studios Ghibli.


LA RECOMMANDATION DE …. PAULINE

AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE – Kathryn Bigelow (1987) disponible sur LaCinétek

Synopsis : Une nuit, Caleb, un jeune fermier de l’Oklahoma, rencontre la belle Mae. Fasciné, il tente de la séduire et obtient d’elle un baiser qui devient une morsure. Ce contact va entraîner Caleb dans le monde des compagnons de Mae, des vampires. Il devra apprendre à tuer pour s’abreuver du sang de ses victimes.

Aux Frontières de l’Aube est le deuxième long-métrage de Kathryn Bigelow (son premier, The Loveless, fut co-réalisé avec Monty Montgomery). Co-écrit et réalisé par la cinéaste américaine, le long-métrage est une œuvre multi-genres qui puise ses inspirations à la croisée du film d’horreur, du western et du road-trip. Bigelow aborde, dans un écrin poisseux, la quête d’identité.


LA RECOMMANDATION DE … LAURA

LA FEMME DE MON FRÈRE – Monia Chokri (2019) disponible sur OCS

Synopsis : Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l’épreuve lorsque Karim, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d’Eloïse, la gynécologue de Sophia…

Premier long-métrage de Monia Chokri, La Femme de mon Frère déploie un véritable sens de la comédie. Également scénariste, la cinéaste joue intelligemment sur une pluralité de ton où se niche l’humour. Les dialogues sont acérés mais savoureux et créent un dynamisme, une énergie communicative. Sous son regard, une séquence d’avortement se transforme en rencontre amoureuse, point de départ du drame de Sophia (Anne-Elisabeth Bossé, géniale), qui devra dorénavant partager son frère adoré. La frénésie du montage rend certaines séquences (les repas de famille notamment) inoubliables. Tout cela confère au film une agréable singularité, le début peut-être d’une belle carrière de réalisatrice. 


LA RECOMMANDATION DE … AMANDINE

LES FUNÉRAILLES DES ROSES – Toshio Matsumoto (1969) disponible sur MUBI

Synopsis : Tokyo, fin des années 1960. Eddie, jeune drag-queen, est la favorite de Gonda, propriétaire du bar Genet où elle travaille. Cette relation provoque la jalousie de la maîtresse de Gonda, Leda, drag-queen plus âgée et matrone du bar. Eddie et Gonda se demandent alors comment se débarrasser de cette dernière…

Tantôt relecture expérimentale du mythe oedipien, tantôt plongée documentaire dans le Tokyo des années 60, Les Funérailles des Roses pose un regard unique sur la jeunesse queer et le milieu underground nippon. Interprété par des acteur‧ices non-professionnel‧les, le film capte l’effervescence créatif et politique au coeur de la Nouvelle Vague japonaise. Baroque, drôle, tragique, violent mais profondément attachant, Les Funérailles des Roses navigue entre onirisme, fiction et réalité, et livre les témoignages inestimables de la communauté gay, et raconte les discriminations et le harcèlement de rue. Toshio Matusmoto livre un geste politique, audacieux et d’une inventivité folle.


LA RECOMMANDATION DE … MANON

SI TU TENDS L’OREILLE – Yoshifumi Kondo (1995) disponible sur Netflix

Synopsis : Shizuku est une jeune adolescente passionnée par la lecture, qui emprunte beaucoup d’ouvrages à la bibliothèque. Un jour, elle s’aperçoit qu’elle emprunte à plusieurs reprises les mêmes livres qu’un garçon. Lorsqu’elle en fait sa connaissance, ce n’est pas le coup de coeur tant espéré mais ses sentiments vont changer au fur et à mesure qu’elle développe son talent d’écrivain. 

Le regretté Yoshifumi Kondo était perçu comme étant le digne successeur de Hayao Miyazaki, avant son décès brutal en 1998. Il a pourtant eu le temps de laisser une des plus belles œuvres de Ghibli derrière lui. Si tu tends l’oreille est un de ces films du studio méconnus, resté longtemps indisponible en France. C’est pourtant une œuvre de qualité, loin d’une amourette dont on a l’habitude. On assiste au développement personnel et artistique d’une jeune fille qui ne sacrifie rien pour un garçon et qui s’affranchit de ses inspirations pour écrire, à son tour, sa propre histoire. Si le film n’est pas ouvertement féministe, il propose un personnage féminin qui ose et s’affirme en tant que jeune artiste, ainsi qu’une romance douce, dans laquelle la fille n’est jamais à la merci du garçon mais, au contraire, dans une relation d’égal à égal. Un fait déjà rare pour un film datant de 1995. Retrouvez notre épisode consacré aux héroïnes des studios Ghibli.


Et pour patienter jusqu’aux Oscars et la sortie du magnifique Nomadland, vous pouvez toujours écouter notre épisode consacré à Chloé Zhao, où l’on revient sur Les chansons que mes frères m’ont apprises (FilmoTV) et The Rider (CanalVOD)

RENDEZ-VOUS LE MOIS PROCHAIN POUR DE NOUVELLES RECOMMANDATIONS !

Amandine Dall’omo

Rédactrice en cheffe adjointe de Sorociné

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